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La trypanosomiase /Agent pathogène, parasite, vecteur

La maladie du sommeil n’est pas une maladie comme une autre. Son épidémiologie si particulière impose qu’on aille au devant du malade. Toute autre stratégie court à l’échec. Actuellement, la maladie du sommeil menace plus de 60 millions de personnes dans 36 pays d'Afrique subsaharienne et le nombre réel de cas existants devrait être compris entre 300 000 et 500 000 personnes. Existe-t-il des motivations politiques, à ce que le silence soit fait sur cette situation ? Existe-t-il des motivations dogmatiques, à ce que l’on s’oppose à la constitution d’équipes mobiles ? La réalité, cette fois, semble toute autre et elle est d’une banalité désespérante. La fenêtre historique qui a permis la constitution d’un vaste service mobile de prophylaxie et de traitement de la maladie du sommeil s’est refermée. Du fait de la guérilla endémique ou de l’absence de sécurité, il est souvent de plus en plus difficile d’aller sans risques mener une campagne hors des villes. Celle-ci consiste à stériliser un foyer du sommeil en trois ans, hypothèse basse, ou cinq ans, pour être plus sûr, de prospections régulières, de diagnostics sérologiques, parasitologiques et cliniques, et de traitements adaptés. La maladie du sommeil est une maladie du désordre. La lutte contre cette maladie suppose une extension à la fois géographique et temporelle de l’ordre.
Les spécifications techniques de ces équipes mobiles exigent d'examiner tous les habitants des foyers de maladie, ce qui suppose qu'il n'y a pas d'absentéisme. Il convient de dépister tous les porteurs de virus, ce qui suppose qu'il n'y a pas de formes inapparentes ; ce qui suppose aussi, à raison de 10 minutes par lame et des journées de 7 heures, 15 microscopistes pour examiner 600 personnes par jour. Il convient enfin de traiter tous les malades dépistés...
Si l'on ne dispose pas d'autant de personnel et de microscopes, on est tenu de se contenter de méthodes de ratissage, dont le diagnostic des IgM dans les taches de sang desséché sur papier filtre est un bon exemple, l'hémo-agglutination indirecte en tube capillaire ou le Card agglutination trypanosomiasis test (Catt) en sont deux autres. Les « positifs » ne sont pas des malades, mais des suspects immunologiques qu'il convient de soumettre ensuite à un examen clinique soigné et à un examen parasitologique obstiné (il vaut mieux compter 20 minutes par lame que 10) complété par l'examen biologique du LCR (éléments et albuminorachie). Rappelons que si la maladie est constamment mortelle, le traitement peut, rarement mais il peut, l’être aussi. Il ne faut y soumettre qu’une personne que l’on sait, techniquement, être déjà en danger de mort en cas d’abstention thérapeutique.

Agent pathogène, parasite, vecteur

On trouvera sur le site www.sleeping-sickness.com une riche présentation iconographique du parasite et du vecteur de la maladie du sommeil.

Les trypanosomes sont des protozoaires flagellés sanguicoles exoérythrocytaires ; ce sont des êtres vivants constitués d’une seule cellule munie d’un flagelle. Ils se trouvent dans le sang et s’y déplacent entre les différentes cellules comme les globules rouges et les globules blancs, et dans d’autres liquides biologiques.
Il n'y a que 2 espèces pathogènes pour l'homme :
- Trypanosoma cruzi, responsable de la trypanosomiase humaine américaine (ou maladie de Chagas) qui n’existe qu’en Amérique latine et dont le vecteur est une punaise ;
- Trypanosoma brucei, strictement localisé en Afrique noire dans les régions où vivent les mouches glossines (tsétsé).
T. brucei comprend 3 sous-espèces, uniquement transmises par les glossines :

    - Trypanosoma brucei brucei, parasite du bétail, responsable d'une trypanosomose appelée Nagana.
    - Trypanosoma brucei gambiense, agent de la Maladie du Sommeil dans sa forme chronique, en Afrique de l'ouest et en Afrique centrale. Il n'est théoriquement pathogène que pour l'homme.
    - Trypanosoma brucei rhodesiense, agent d’une anthropozoonose. Présent en Afrique de l'est il est responsable chez l'homme d’une forme particulière de Trypanosomiase humaine africaine dont l’évolution clinique est aiguë.
     

Le vecteur de la maladie du sommeil est la glossine ou mouche tsé-tsé. C’est un insecte vecteur qui transmet par sa piqûre le trypanosome d'un individu malade à un individu sain. Cet insecte n'existe qu'en Afrique et seulement dans une certaine zone. Dans la transmission de la THA c’est le "contact personnel" avec la population, c'est à dire les occasions d'être piqué par une mouche infestante qui est important.