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conférence Jamot

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Eugène Jamot, enfant de la Creuse, fils de l’Afrique

Eugène JAMOT (Eugène, Léon, Clovis) est né à Saint-Sulpice-les-Champs (Creuse) le 14 novembre 1879 dans une modeste famille de fermiers. Doué pour les études, il devient bachelier à 18 ans puis obtient une Licence de Sciences à la Faculté de Poitiers.
Il part en Algérie où il exerce comme répétiteur au Lycée de Blida et à celui d'Alger.
Il rentre en France, se marie en 1904 et s'inscrit à la Faculté de Médecine de Montpellier.
En 1908, à vingt-neuf ans, il obtient le grade de docteur en médecine de la Faculté de Montpellier.
Il s'installe alors dans sa Creuse natale, à Sardent, où sa conscience professionnelle et sa générosité lui confèrent rapidement une renommée et une reconnaissance locale.

Mais en 1910, il quitte son cabinet médical (semble-t-il pour des raisons familiales) et réussit le concours d'entrée dans le Corps de Santé des Troupes Coloniales (concours latéral). Il fait partie de la troisième promotion de l'Ecole du Pharo à Marseille (promotion "l'Africaine") dont il sort 3ème sur 12. Il occupe un premier poste au Tchad où il se distingue dans le Ouaddaï, à Abéché. Puis il rentre en France où il suit le Cours de l'Institut Pasteur à Paris.
Il vient d’être nommé sous-directeur de l'Institut Pasteur de Brazzaville en 1914 lorsqu'éclate la Première Guerre Mondiale. Il est alors désigné comme médecin-chef de la colonne Sangha-Cameroun. Lors de cette affectation, il relève les dégâts causés par la maladie du sommeil et lorsque le Cameroun ex-allemand est définitivement occupé par les Alliés en 1916, Jamot rejoint Brazzaville comme directeur de l'Institut Pasteur.
C'est durant ces 4 ans, de 1917 à 1921, que Jamot en Oubangui-Chari, met au point sa doctrine d'intervention contre la maladie du sommeil et crée les premiers secteurs de prophylaxie.

Les résultats sont probants et la méthode est généralisée. Jamot est alors désigné pour le Cameroun où la maladie du sommeil sévit de façon importante. Là, il crée des équipes de prospection s'entourant de jeunes médecins issus du Pharo. Il met en place à Ayos un école d'infirmiers auxiliaires indigènes.
Les résultats qu'il obtient et ses efforts d'organisation sont récompensés lorsqu'est créée en 1926 la "Mission permanente de prophylaxie de la maladie du sommeil" qu'il est appelé à diriger.
En dix ans, Jamot prospecte avec ses équipes des régions entières et démontre qu’il est possible de circonscrire les foyers de maladie du sommeil en travaillant avec méthode.
L’année 1931, consacre son travail inlassable dont il présente les résultats lors de l’Exposition Coloniale qui se tient à Paris cette année-là. Il a reçu un Prix de l’Académie des Sciences Morales et Politiques. Son nom circule pour un Prix Nobel.

Malheureusement, une erreur médicale commise par une des ses collaborateurs va avoir des conséquences fâcheuses sur la suite de sa mission. A Bafia au Cameroun, l’administration par un jeune médecin de tryparsamide à des doses trop élevées, conduit à la cécité nombreux sommeilleux. Mal informé, le sous-secrétaire d’Etat aux Territoires d’Outre-Mer rend Jamot responsable de cette erreur médicale et annule sa nomination pour le Cameroun. Débarqué à Dakar, blâmé, Jamot accepte néanmoins en 1932 d’organiser la lutte contre la maladie du sommeil en AOF (Afrique Occidentale Française).
Ainsi sur ces nouveaux terrains d'action, il a, à la fin de l’année 1934, dépistés et traités avec ses équipes près de 70000 malades. Mais Jamot n’a pas en AOF les moyens du Cameroun. A Paris où il est venu chercher des appuis pour continuer la lutte, il est peu écouté ; l’Administration centrale lui demande même de ne pas publier un document scientifique présentant la réalité de la situation sanitaire en AOF. Découragé et probablement meurtri par les suites de l’affaire de Bafia, Jamot fait valoir ses droits à la retraite et se retire à Sardent en 1936.
Il y meurt à peine plus d'un an plus tard, le 24 avril 1937 emporté par un accident cérébral.